Présentation

Siège Social et Direction Générale

SIEGE SOCIAL ET DIRECTION GENERALE
15 Bd Paul Langevin
BP 70016
38601 Fontaine Cedex
Téléphone : 04.76.49.73.54
Fax : 04.76.49.87.61

Si nous n’étions pas là pour parler de choses sérieuses et réelles, souvent douloureuses hélas, je serais tentée de commencer mes propos comme un conte : « Il était une fois dans des temps très anciens… ». Mais c’est dans la réalité tragique des années d’après guerre que la Sauvegarde de l’Enfance, aujourd’hui ADSEA 38, trouve ses racines.

Avant la guerre, il existait à Grenoble :

Une association dite « Sauvegarde de l’Enfance », animée par un professeur agrégé de médecine psychiatrique du Val de Grâce, le médecin général FRIBOURGBLANC, qui la présidait. Elle regroupait plusieurs oeuvres affiliées :

Le Bon Pasteur de St Martin d’Hères

L’Asile Sainte Agnès

Le Centre Beauregard au Chevallon

L’Orphelinat de la Belle Etoile à Mercury en Savoie

Le Centre Jeune France dans la Drôme,

etc.

 

Cette Association était avant tout un organe de coordination qui avait mission de les visiter, de suivre leur fonctionnement, de faire le lien entre elles et les pouvoirs publics auxquels elle donnait des avis techniques. Elle était régionale et travaillait en liaison directe avec la Protection de l’Enfance de l’Epoque, le Directeur de la Population, l’Education Nationale.

Mais la guerre était passée par là, laissant dans l’euphorie de la victoire tant de ruines matérielles, morales, familiales… et avant toute chose, ces couches de jeunes, déboussolés et sans repères, qu’on appelait avec tendresse, les J3, les chiens perdus sans collier, avant de les voir devenir rapidement les premiers blousons noirs.

Les Pouvoirs Publics avaient très vite pris conscience du danger, et avaient réalisé qu’il fallait endiguer cette vague d’immoralité, punir certes, mais surtout :

 

REEDUQUER.

Préparée à Londres, dans les dossiers de « la France Libre », l’Ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante éclate en France comme un coup de tonnerre dès le rétablissement de la légalité républicaine, même si elle a eu parfois besoin d’un bon coup d’époussetage, elle est toujours en vigueur. Des juridictions spéciales étaient créées, les sanctions applicables aux mineurs diversifiées, l’assistance éducative s’ébauchait.

Très vite s’impose la nécessité de services sociaux qualifiés et polyvalents. Les Juges des Enfants, pour apprécier au plus juste la situation des mineurs délinquants et leur orientation, réclamèrent rapidement l’aide d’une assistante sociale de terrain pour les assister dans leur décision. Les familles elles-mêmes, souvent décimées par la guerre ou en cours de recomposition, appelaient de leurs voeux une assistante sociale spécialisée.

Le Professeur FRIBOURG–BLANC détacha une assistante sociale auprès du Tribunal, mais la tâche était immense et la structure mal adaptée.

C’est ainsi qu’en 1948, s’élabora à Grenoble un projet de création d’une association de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence Départementale et indépendante, dont les statuts furent préparés par les membres de l’association régionale, des Magistrats, conseillers généraux, membres de l’Education Nationale, médecins psychiatres, et déposés en Préfecture le 8 Avril 1949.

 

Son but était d’insérer dans le Plan d’Equipement du Département pour l’Enfance délinquante, un service social indépendant, complet et polyvalent.

La Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence était née.

Le Service s’installa dans les mois qui suivirent, rue Docteur Mazet à GRENOBLE. Une puis deux assistantes sociales prirent en charge un service social près des Tribunaux. Elles travaillaient beaucoup, de façon artisanale, faisant elles-mêmes leur travail urbi et orbi puisque leur compétence était départementale, assurant leur secrétariat, prenant des contacts fréquents avec les Juges des Enfants, et les Magistrats du Parquet, assistant à toutes les audiences.

Pour les avoir vues travailler, alors que j’effectuais à l’époque mon stage d’attaché au parquet, je suis heureuse de leur rendre ici un vibrant hommage.

L’excellence de leurs résultats dans leur coopération croissante avec les Services Judiciaires valent à la Jeune Association de la Sauvegarde l’habilitation Judiciaire du Ministère de la Justice le 19 Mai 1951.

Dès lors la route était tracée. Dans les textes, l’Association avait mission de collaborer avec la Justice pour les enquêtes :

de délinquance juvénile

de correction paternelle

de garde en matière de divorce

et d’exercice d’assistance éducative.

Et l’assistance financière, maigre mais sûre, de l’Etat et du Département en découlait naturellement. Le travail ne manqua point.

En 1953, quatre assistantes sociales s’activaient à Grenoble. L’une d’elles se rendait régulièrement à Vienne et à Bourgoin, et tenait une permanence hebdomadaire au Tribunal.

En 1955, le Juge des Enfants de Vienne réclama la permanence d’un service social auprès de son Tribunal ; ce qui fut fait.

Etudier les situations, orienter les jeunes, appelèrent vite des réalisations plus concrètes. La nécessité de créer des établissements d’accueil apparut nettement. Je ne vous donnerai pas le détail de cette extension spectaculaire, j’en

rappellerai simplement quelques étapes :

1959  : rachat d’un ancien préventorium et création d’un IMP à Theys (45 enfants)

1970  : ouverture du Foyer de Jeunes Filles Les « Erables »

1972  : prise de succession du Bon Pasteur à St Martin d’Hères, où 76 jeunes filles étaient placées par les Juges des Enfants et la DDASS

1974  : création du Home à St Martin d’Hères, etc

 

Depuis s’échelonnent au fil des années :

 

1984  : L’Unité d’Accueil Berriat à Grenoble

1984  : L’Unité d’Accueil en Urgence « Le 44 » à Nivolas-Vermelle

1986  : L’Action et Promotion en Milieu Voyageur (APMV)

1993  : Le Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile à Grenoble

1998  : Le Centre Educatif Renforcé à Sinard puis à St Nizier du Moucherotte

1998  : PHASES

1999  : Le Point Clef

2004  : Le CATALPA destiné aux mineurs étrangers isolés à Voiron

2007  : La fusion avec le Village de l’Amitié

2008  : Le Centre Educatif Fermé de Sinard L’Association étendait donc de façon importante le champ de ses activités et de ses charges. Il fallut se structurer, s’organiser en conséquence.

 

Michelle POUGNAND

Magistrate honoraire

Administrateur à l’ADSEA 38

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